Cesare : Mais non, ça n’a rien à voir avec ça, j’ai toujours joué en force et je sais me battre sur un terrain, on s’en fiche qu’ils fassent du karaté, la question n’est pas là. Le docteur Robson : C’est vrai, je t’approuve sur ce point là Cesare, la principale qualité de nos adversaires ce n’est pas qu’ils fassent je ne sais quels arts martiaux non c’est d’abord leur formidable envie de gagner, ils ont un mental supérieur au votre pour le moment, dans tous les chocs d’homme à homme, ils prennent le dessus. Alors si vous voulez gagner ce n’est pas compliqué, il vous faut la victoire encore plus qu’eux et cela dépendra de vous. Benjamin : Oui, on va gagner ! Oui, tout ça va changer, ce n’est qu’une question de volonté, on va gagner.
- Ne faites pas les imbéciles tous les deux, si vous voulez vous battre, vous le ferez après le match. Pour l’instant, gardez votre force et votre énergie pour battre les Anglais ! - De toute manière, vous savez très bien qu’il faut gagner pour continuer à jouer ensemble sinon vous savez très bien que l’équipe arrêtera, il faut avoir bien ça en tête.
Lucas : C’est pas vrai de voir ça ! Ce Renato nous a ridiculisés en marquant deux buts et en copiant les manières de shooter d’Eric et de Benjamin. Sale copieur ! Le docteur Robson : Lucas ? Lucas : Quoi ? Le docteur Robson : Ça veut dire que ce joueur est remarquable, il est capable de s’adapter au jeu de l’adversaire ce qui ne l’empêche pas d’avoir sa propre technique et il est très intelligent. Benjamin : Oui et tu as bien vu comment les joueurs de SanPodesta Jr ont contré nos attaques, ils nous ont étudiés jusque dans les plus petits détails.
Lucas : Pourtant c’est bien toi qui répètes sans arrêt qu’il faut prendre du plaisir et s’amuser quand on joue au foot et là franchement, j’ai l’impression que tu te ne t’amuses pas du tout. Benjamin : Tu trouves ? Le docteur Robson : Oui je pense que Lucas a raison et je suis de son avis. Tu veux tellement la victoire que ça t’oblige à jouer personnel et tu es en train de faire là une grosse erreur. Je vous l’ai déjà dit, le football est avant tout un sport d’équipe, chaque joueur doit se mettre au service de l’équipe.
- Au fait Benjamin, je voulais te dire bravo pour ta victoire en finale du tournoi d’Italie. - Je te remercie mais on a eu beaucoup de mal ! - Oui c’est parce que je n’étais pas là car si j’étais encore dans l’équipe, ça aurait été une vraie ballade, j’aurais empêché Cesare de marquer et on aurait gagné facilement.
- Il a envie de gagner mais moi aussi ! - Je ne peux pas me permettre de perdre cette finale c’est mon avenir qui est en jeu.
- Ça remonte à une époque déjà lointaine : j’étais le buteur de l’équipe londonienne des Léopards, notre équipe était l’une des meilleures du monde et j’étais une vedette que tous les grands clubs européens voulaient acheter. Notre équipe s’était qualifiée pour la finale de la Coupe d’Europe et une grande carrière internationale s’ouvrait devant moi, j’y étais parvenu grâce à la femme que j’aimais, elle s’appelait Jenny mais mon père s’opposait à ce que je l’épouse. J’appartenais à une noble et grande vieille famille et comme j’étais l’ainé, la coutume voulait que j’épouse une femme d’un milieu équivalent. Vivant au rythme de la compétition, je n’ai pas eu le temps de chercher Jenny, je me consacrais uniquement au football, cela me permettait d’oublier mes malheurs mais j’avais compris que j’ai commis une erreur en la laissant partir et moi qui espérais devenir une grande vedette, j’ai brusquement tourné le dos au ballon rond. Benjamin, je sais que tu rêves de devenir un grand joueur de football c’est tout à fait normal mais si c’est pour le bonheur de quelqu’un d’autre, ça ne vaut pas le coup on ne peut pas sacrifier le bonheur de quelqu’un au prix de la réussite et de la gloire, est-ce que tu comprends ? - Oui je peux comprendre !
- Une minute qu’est-ce que j’ai entendu ? Faites attention que l’autre rabat-joie ne vous voit pas. - Compris, on sera prudents.
- Il a une formidable envie de gagner mais moi-aussi ! - Je ne peux pas me permettre de perdre cette finale car c’est mon avenir dans le monde du football qui est en jeu.
- Tu ne m’arrêteras pas, non, je vais te battre et gagner ! - Tu t’es assez promené comme ça mais cette fois je te préviens que c’est terminé !
Lucas : Oui, Cesare n’aime pas qu’on lui résiste ! M. Bertini : Je ne vois vraiment pas pourquoi vous pensez que Yann pourrait se blesser parce que à mon avis ce serait plutôt le contraire. Oui, je ne voulais pas le dire pour ne pas vous inquiéter mais Yann n’est pas un tendre et au cours des entraînements de présélection en Hollande, il a blessé plusieurs joueurs assez gravement. Benjamin : Quoi ?
- Ne faites pas les imbéciles, arrêtez ! - Tu ne réussiras pas à les faire arrêter, tu as vu comment joue Yann ? C’est un vrai bulldozer.
M. Bertini : Oui Papan est un joueur doté d’une brillante technique mais son point faible est son manque de discipline et il ne fait jamais d’efforts et cela explique pourquoi il en est à sa quinzième équipe en dépit de son jeune âge. Benjamin : C’est sûrement le record du monde. Lucas : Il n’a aucun problème avec la discipline. Eric : En tout cas, c’est bien qu’il y a des joueurs avec des tempéraments différents dans cette équipe.
- Je n’arrive pas à croire qu’ils aient gagné, je pensais que Brême, mon ancien club allait littéralement se promener. - Il n’y a plus d’équipes faibles aujourd’hui et sur un match, tout est possible.
- Dommage, on ne rencontrera pas les Italiens de Sanpodesta Jr ou alors ce sera pour disputer la finale hein Benjamin qu’est-ce que tu en dis ? - Oui je pense qu’ils peuvent aller facilement en finale. À nous de montrer qu’on est capable d’en faire autant.
- Eric, on n’a pas bien joué dans cette première période on s’est créés peu d’occasions de marquer. - Ne t’inquiète pas pour ça Benjamin, le match est loin d’être terminé, on va gagner.
- Oui Lucas, je suis content pour toi et tant que tu auras un ballon dans les pieds, on sera sûrement amenés à se revoir sur un terrain, ça finira par arriver un jour ou l’autre. - Et ce qui serait génial c’est qu’on se retrouve tous dans la même équipe.
- Au revoir, au revoir Benjamin, au revoir à tous les gars ! - Au revoir Lucas, on ne t’oubliera pas non plus.
M. Carone : Lucas, tu laisseras ta place pour la deuxième période. M. Bertini : Vous croyez vraiment que c’est la meilleure solution ? M. Carone : Il n’est pas du tout dans la partie et il rate tout ce qu’il fait et si on le garde, on est condamnés, il nous faut onze joueurs avec le même esprit d’équipe et le même mental de vainqueur si on veut gagner. Lucas : C’est vrai que j’ai été nul. Benjamin : Ça nous arrive à tous.
- Non, ce n’est pas possible, M. Carone ! - C’est malheureusement la décision prise par la Fédération. L’équipe nationale prépare la Coupe du Monde Junior qui aura lieu l’année prochaine et ne prendra que des joueurs de nationalité italienne. Ça veut dire que Eric et toi qui êtes des étrangers ne feront pas partie de cette future sélection. - Eric non plus ?